Note de synthèse publiée par le Centre d’Analyse Stratégique en janvier 2011, ce document est lisible sur le site http://www.strategie.gouv.fr, rubrique publications.
Cette note se base sur un constat simple : la production plus respectueuse de l’environnement et des normes sociales ne parviendra pas à inverser le cours de l’évolution de notre environnement. Il faut aussi modifier les comportements des citoyens afin de tendre vers une « consommation durable ».
Le CAS appelle donc à un modèle de consommation dématérialisé dans ses échanges mais surtout à une modification du système de valeur des consommateurs, en plus d’une économie des ressources et une réduction de la pollution. Autrement dit le bien-être et la qualité de vie se déterminent construisent autrement que par la consommation et l’accumulation de biens.
C’est donc une nouvelle vision politique requise par le CAS… L’enjeu est de réduire la pression engendrée par nos modes de consommation sur les éco-systèmes mais aussi garantir le développement humain équitablement.
Etat des lieux
> Des indicateurs environnementaux alarmistes : pollution des nappes phréatiques, changement climatique, destruction de la biodiversité… L’utilisation des ressources de la planète a doublé depuis les années 1960. L’objectif mondial qui vise à diviser de moitié les gaz à effet de serre (GES) ne peut être atteint que si une véritable modification de nos modes de vie intervient selon l’Agence Internationale de l’Energie.
> L’inégalité d’accès aux ressources : malgré la démocratisation du confort de vie par la production de masse, la différence de revenus et de vie s’est intensifié dans l’échelle sociale et entre les pays industrialisés et les pays pauvres.
> Le bonheur n’est pas fixé sur l’accumulation matérielle, il se nourrit de l’environnement positif de chacun (avancées sociales, impact écologique, sécurité économique).
> L’effet rebond du à la production durable nuit à des résultats probants (intensification de la production et de la consommation en raison des économies effectuées en amont).
> l’offre durable « n’éduque pas » le consommateur à une démarche éco-citoyenne.
Trois problèmes en surface
> La contrainte budgétaire des ménages qui n’ont pas forcément accès aux biens et servies durables.
> Le manque d’information des citoyens sur la réalité des coûts du cycle de vie des produits et services, les externalités environnementales, la prolifération des labels auto-proclamés, les pratiques des entreprises, l’illisibilité des rapports DD des entreprises…
> Le verrou comportemental du à l’incidence sociale de la consommation.
Concrètement, comment faire en France ?
Selon cette note, il faut inventer une nouvelle consommation qui fera évoluer les comportements et les circuits économiques en France par une politique de consommation durable, visant une société française « vertueuse » pour 2030.
> Capitaliser sur une consommation durable embryonnaire : augmentation des achats en produits issus de l’agriculture biologique (+19% de CA en 2009), évolution de la culture et des comportements (découverte de nouveaux arts de vivre, rééquilibre entre valeurs matérielles et immatérielles).
> S’appuyer sur des axes psycho-sociologiques pour agir en profondeur et durablement : le poids du collectif doit être utilisé pour chercher une dynamique d’exemplarité.
> Promouvoir le partage de l’usage plutôt que l’achat singulier.
Les propositions du Centre d’Analyse Stratégique
Centre d’analyse stratégique (2011), Pour une consommation durable, Rapport de la mission présidée par Élisabeth Laville, janvier.
